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21
Jan
2011

Quatre raisons d'aller à Cuba

Trinidad

Varadero

Cienfuegos

La Havane

Trinidad

Peu de pays frappent autant l’imagination que cette île la plus à l’ouest de l’espace Caraïbe. Son histoire est mouvementée, passant de colonie espagnole à un repaire pour mafieux américains avant de devenir une république communiste. Itinéraire cubain.

Les touristes viennent ici de figures mythiques comme celles du Ché, Fidel Castro et Hemingway. Le tout baignant dans les vapeurs du rhum et les volutes des cigares, dans un paysage urbain encore dominé par les anciennes voitures américaines et les typiques maisons aux couleurs acidulées. Sans oublier le son, un genre musical cubain aux origines multiculturelles, qui vous invite spontanément à la danse. Et, partout, d’immenses panneaux publicitaires aux slogans édifiants: «Todos somos importantes» (Nous sommes tous importants), «Lo que se recolta aquí es para el pueblo» (Ce qui est récolté ici est pour le peuple) et, sur un ton plus paternaliste, «Servir es mi mejor manera de hablar» (Servir est ma meilleure façon de parler). Certes, ce sont des clichés, mais ils correspondant à la réalité. De même que la réputation de bonne humeur et d’hospitalité de la population, qui fait partie des plus cultivées au monde. Comme en témoigne Nicolas de Trinidad, 79 ans et féru de lecture. Il a travaillé comme camionneur pour nourrir sa famille de huit enfants (cinq filles et trois garçons), qui ont tous fait des études pour devenir docteur, ingénieur ou infirmière. Ce qui ne veut cependant pas dire qu’ils nagent dans l’abondance. Ici, on est habitué à manquer de tout et la débrouille a été érigée en art national. Car, malgré l’afflux récent de touristes, la plupart des Cubains restent privés de produits basiques. «Jabón, compañera?» (Du savon, camarade?) est une question que l’on vous pose à presque tous les coins de rue. Tout le monde, jeune ou moins jeune, s’emploie à vendre sa marchandise aux passants. Dans les magasins officiels, les rayons sont souvent vides et les tickets de rationnement restent indispensables pour btenir n’importe quel article de consommation. Si les Cubains mangent à leur faim, le luxe fait complètement défaut. Par ailleurs, le pays est confronté à une économie parallèle florissante et à un marché noir gigantesque. Cuba est un paradis pour les touristes qui rêvent d'y revenir, ne serait-ce que pour sa végétation luxuriante aussi généreuse que les insulaires sont épicuriens.

Varadero, pour le soleil, la mer et le sable blanc
Si vous êtes à la recherche de l’authentique âme cubaine, vous serez plutôt déçu par Varadero même si l’endroit ne manque pas de charme. C’est ici qu’est née la première station balnéaire de l’île où Al Capone possédait une maison à l’époque de la Prohibition. Aujourd’hui, c’est devenu un 'paradis pour touristes' avec des centres de villégiature luxueux où les clients sont choyés. La plupart sont des Canadiens en mal de soleil, qui envahissent les superbes plages et plongent dans la mer turquoise. On peut aussi s’adonner à la plongée libre et sous-marine, ainsi qu’à d’autres sports nautiques. La plupart des hôtels vous permettent en outre de réserver un safari d’une journée à bord d’une jeep. Vous ne rencontrerez sans doute pas beaucoup d’habitants de l’île, mais vous serez émerveillé par le cadre naturel. Vous sillonnerez la campagne dans une caravane formée par une dizaine de 4x4. Au programme: la remontée du Rio Caminar, un repas typique et une halte à la grotte de Saturne. Faites un saut en ville pour manger un bout ou siroter une piña colada. Ce cocktail est beaucoup plus savoureux à Cuba que chez nous. C’est au relais du Belvédère de Bacunayagua (le plus long pont de l’île), non loin de Matanzas, que l’on sert le meilleur de ces breuvages enivrants.

La Havane, pour le patrimoine culturel et Hemingway
C’est une ville où il faut séjourner quelques jours pour se laisser envelopper par son atmosphère particulière. Ché est omniprésent, tout comme l’écrivain américain Ernest Hemingway. Dans son café préféré, La Bodeguita del Medio, où il sirotait ses mojitos, on peut déjeuner typiquement cubain avec du riz et des haricots. Le Floridita, où il dégustait ses daiquiris, est l’un des meilleurs bars au monde. Le culte voué à Hemingway se manifeste aussi dans le très bel hôtel Ambos Mundos, où l’auteur occupait la chambre 111 (parce qu’on pouvait apercevoir la mer de la fenêtre) et où il commença à écrire son chef-d’œuvre Pour qui sonne le glas en 1940. Promenez-vous sur le front de mer, baptisé le Malecón, entre les insulaires désireux de se rafraîchir, ou sur le Prado, une avenue qui n’est pas sans rappeler les Ramblas de Barcelone. Un autre incontournable est la visite d’une manufacture de cigares, ne serait-ce que pour 'humer' l’atmosphère joyeuse qui y règne. Ce sont essentiellement des femmes qui travaillent ici. Chacune roule en moyenne 104 cigares par jour. Tous les après-midi, un lecteur vient leur apporter un peu de distraction. Sur la petite place de la cathédrale Saint-Ignace, les touristes aiment poser avec des 'Santeras', sorte de prêtresses locales. Mais pas de photo sans débourser quelques pesos… Sur la place ombragée Plaza de Armas, vous pourrez acheter des ouvrages écrits par Ché ou Fidel Castro, à moins que vous ne préfériez fouiner dans l’offre immense de CD. Mais le lieu le plus enchanteur est incontestablement la Plaza Vieja, restaurée il y a peu. En effet, de nombreux efforts sont consentis pour protéger le patrimoine inestimable de Cuba contre l’usure du temps.

Cienfuegos, pour sa splendeur passée et actuelle
Cette petite ville accueillante, située sur la côte méridionale, se distingue du reste de l’île par le grand nombre et la beauté de ses voitures rétro. C’est ici que se dresse la Forteresse de Jagua, érigée autrefois pour contenir les pirates de la mer des Caraïbes. Sur la place principale, bordée d’édifices imposants des XIXe et XXe siècles, on peut admirer une mosaïque représentant la baie de Cienfuegos et relatant la genèse de la ville. Les maisonnettes en bois aux tons pastel typiques sont légion ici. Le superbe théâtre Tomás Terry a accueilli des artistes aussi célèbres que Sarah Bernhardt et Enrico Caruso. Un des plus beaux palais est situé juste en dehors du centre: le Palacio del Valle fut construit par un noble espagnol et abrite aujourd’hui un restaurant et un café. Le spectacle du coucher de soleil depuis sa terrasse est époustouflant, avec ou sans Cuba libre.

Trinidad, pour la musique et la canne à sucre
Cette ville coloniale a été inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1988. Et à juste titre, car c'est l’un des endroits les plus pittoresques de l’île. Les rues du centre historique sont entièrement pavées de pierres transportées par des bateaux espagnols. La meilleure façon d’explorer la ville est de partir de la Plaza Mayor, de style colonial, pour se perdre dans les ruelles et venelles aux alentours. Visitez le Museo Romántico, qui illustre le mode de vie de la bourgeoisie aisée aux XVIIIe et XIXe siècles. Dès que l’on quitte le centre-ville, on pénètre dans des quartiers populaires défraîchis, où des garçonnets jouent au football dans les rues (non pavées), sous le regard distrait de leurs mères, assises sur le pas de la porte de leurs maisons roses ou vertes où sont accrochées des cages d’oiseaux minuscules. Chaque samedi, un concours de chant est organisé au cours duquel ces volatiles rivalisent de virtuosité. Pour les fans de musique, la Casa de la Musica ou la Casa de la Trova pour savourer le rythme cubain tout en dansant! Même si les jeunes du coin préfèrent le reggaeton (mélange de reggae, rap, hip-hop et les rythmes latinos) au son. En quittant Trinidad en direction de Sancti Spiritu, on traverse la Valle de los Ingenios (vallée des moulins à sucre), qui était pendant des siècles le centre économique de Cuba, jusqu’à l’effondrement du marché du sucre en 1850. L’histoire s'écrit dans tous les recoins de la vallée: le sang et les larmes versés par d’innombrables esclaves, l’influence espagnole et la beauté saisissante de la nature. C’est ici que l’on trouve notamment le domaine de la famille Iznaga, qui permet de se faire une idée de la vie dans les plantations sucrières. La tour haute de 43,5 mètres -qui fait l’objet de nombreuses légendes- servait à tenir les esclaves à l’œil. Aujourd’hui, le domaine inclut un restaurant très accueillant où l’on peut déguster un délicieux porc rôti (accompagné invariablement de beignets aux bananes et de riz). Derrière le restaurant se dresse un moulin où l’on peut tester le pressage de la canne à sucre. Heureusement, les visiteurs ont droit ensuite à un petit verre de guararon (jus allongé de rhum) pour récompenser leurs efforts…

Guide pratique

Y aller
Avec Neckermann car le tour-opérateur propose un vol direct pour Varadero les mardi et dimanche. Classe confort (plus d’espace pour les jambes, repas soigné, champagne, Digiplayers, check-in séparé, 30kg de bagages). Durée du vol: 10h45.

Où loger
Hôtel Iberostar Varadero*****, un établissement de charme situé au bord de la plage de sable blanc. Service excellent, chambres modernes et confortables, cuisine de tout premier plan. Sept nuits dans une chambre double, en all inclusive, à partir de 1.599€ par personne chez Neckermann.
Hôtel Iberostar Laguna Azul ****(*)
, un complexe flambant neuf situé sur la plage, avec un programme complet d’activités sportives et de détente. Formule all inclusive étendue,24 h/24. Sept nuits dans une chambre double, tout compris, à partir de 1.549€ par personne chez Neckermann.
Hôtel Iberostar Trinidad *****
, situé au cœur de Trinidad, cet édifice aux tons pastel se distingue par sa superbe architecture coloniale. Les clients doivent être âgés d’au moins 15 ans. Cuisine excellente. Sept nuits dans une chambre double avec petit-déjeuner à partir de 1.459€ par personne chez Neckermann. Neckermann propose un circuit touristique. Vous pouvez choisir votre itinéraire en louant un véhicule ou participer à un tour organisé. Il est également possible de combiner des séjours dans différents hôtels. Le voyage organisé 'Discover Cuba' est disponible à partir de 1.479€ (sept nuits). Le parcours autonome 'Cuba Libre', à partir de 1.435€ (sept nuits), pour une chambre avec petit-déjeuner. www.neckermann.be ou téléphonez à la ligne de vacances Neckermann au 070/233.966 (sept jours sur sept).

Documents requis
Passeport valide obligatoire. Pas besoin de visa. Vous devez en revanche acheter une 'carte de touriste' délivrée par le consulat et par les agences de voyages (elle est incluse dans le prix chez Neckermann).

Devise
C’est un peu compliqué. La monnaie nationale est le peso, qui existe sous deux formes, l’une pour les habitants de l’île et l’autre pour les touristes. Les deux types de monnaie n’ont pas la même valeur (un peso 'local' valant beaucoup moins qu’un peso 'touristique'). Évitez d’emporter des dollars, mais bien des euros, que vous pourrez échanger contre des pesos cubains convertibles (CUC).

Auteur:
Griet Byl
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N° 169 Mai 2012

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