• Contact
  • Abonnements
  • Inscription
  • Connexion
Voyages Voyages
  • Accueil
  • Destinations
    • Europe
    • Afrique
    • Amérique du Nord
    • Amérique du Sud
    • Arctique/Antarctique
    • Asie
    • Océanie
  • Actualités
  • Agenda
  • Hôtels
  • Concours
  • Magazine
02
Oct
2009

Safari Safari

En swahili, 'voyage' se traduit par 'safari'. Le nôtre nous conduira au Kenya, dans les parcs d'Amboseli et du Masaï-Mara. Un périple qui ne doit pas faire oublier la fragilité de l'éco-système local, souvent malmené par la sur-exploitation touristique.  

«Your Wings to the Wild.» Le slogan de la petite compagnie aérienne Safarilink résonne dans ta tête. Tu regardes ta montre: 8h du matin. Il y a sept heures, tu débarquais à Nairobi, et la veille, tu bouclais encore l'édition de septembre de Voyages Voyages. À bord de ton Cessna Caravan, la tête embrumée, tu aperçois à ta droite le Kilimandjaro, lové dans son lit de nuages. Tu te souviens que six ans plus tôt, contemplant depuis le sommet d'Uhuru Peak le lever de soleil sur cette région qui fascina tant Hemingway et Kessel, tu t'étais juré de revenir la visiter. Tu te souviens aussi que la veille, au bar du Norfolk, à l'écart d'un bruyant groupe de businessmen australiens aussi jetlagés qu'imbibés, tu avais lu cette citation du missionnaire et explorateur allemand Johannes Rebmann - le 'découvreur' du Kili -, couchée dans son carnet de notes le 10 novembre 1848: «Vers 10 heures, je vis quelque chose de remarquablement blanc au sommet d'une haute montagne et crus d'abord qu'il s'agissait de nuages, mais mon guide me dit que c'était du froid, alors je reconnus avec délice cette vieille compagne des Européens qu'on appelle la neige.»

Au pied du plus haut sommet d'Afrique (5.895 mètres), Amboseli déroule 400 km² d'une vaste plaine aride parsemée d'acacias. L'airstrip est situé en plein milieu de ce petit parc national, l'un des plus anciens et des plus visités du pays. De l'avion, survolant le lac Kioko, tu aperçois déjà quantité de zèbres, gnous, antilopes... C'est la saison sèche. Le sol est comme une feuille de parchemin sur laquelle un enfant espiègle se serait amusé à tracer des médianes et des diagonales; il s'agit en réalité des pistes que suivent immuablement les troupeaux d'ongulés qui traversent le parc de part en part. Et de loin en loin, quelques nappes d'eau entourées d'un cercle d'herbes vertes et d'arbres épars. Cette pauvreté de la végétation est liée à la proximité du strato-volcan qui a recouvert la terre de cendres riches en sel, que les nappes phréatiques repoussent à la surface, contribuant ainsi à accroître l'aridité du terrain. Le sel n'est pas la seule cause de la désertification qui menace Amboseli: ici, il n'a pas plu depuis un an.

Une beauté fragile
La petite dizaine de passagers qui débarque du Cessna est accueillie par les organisateurs de safaris. Tu aperçois le 4x4 des Gamewatchers: «Mr Bouchar, I presume?». Emmanuel te tend la main. C'est lui qui te guidera ces prochaines 48 heures. Il te présente Wilson, ton spotter, en tenue massaï. À bord de la Land Rover, tu fais aussi la connaissance de Mason, un Américain de Washington DC, qui travaille pour USAID: il est arrivé par la route, depuis le parc de Masaï-Mara, où il a eu la chance de suivre la migration des gnous quelques jours plus tôt... Vous voilà partis pour quatre heures de game drive sous un soleil de plomb. Au sortir de l'avion, tu n'as pas songé à te protéger la peau: tu le regretteras en fin de journée.

Ce que tu croyais être des feux de brousse au loin s'avère des mini-tornades de sable, qui traversent constamment le parc et renforcent l'aspect de désolation fascinante d'Amboseli. Sur ce terrain plat et dégagé, ponctué de marais avec leurs bosquets de papyrus, de palmiers nains, de roseaux et d'ajoncs, on compte peu de grands prédateurs, mais des hyènes tachetées, des gnous à barbichettes, des buffles et leur cortège d'aigrettes, des zèbres, des gazelles et, bien entendu, quantité d'éléphants, emblématiques d'Amboseli. Comme beaucoup, tu cherches à les figer dans la carte mémoire de ton Nikon devant le Kilimandjaro. Les pachydermes sont bien là, mais le Kili se dérobe, tapis dans la brume, sa silhouette à peine visible...

De nombreux marais couvrent la surface du parc. Le plus grand est celui d'Enkongo Narok, lieu de prédilection des buffles et des hippopotames pygmées. Il est dominé par une colline, au pied de laquelle tu pique-niques, admirant de drôles de petites ruches de brindilles, suspendues aux branches des acacias: les nids d'oiseaux-tisserands. Affamé, tu avales ton assiette -viande grillée, riz et légumes crus en quantité pantagruélique - et vide une Tusker fraîche. Le soleil au zenith, il fait chaud, très chaud... Wilson vous propose de gravir la colline à pied, Mason et toi le suivez pendant qu'Emmanuel remballe soigneusement tous les restes de notre repas dans le 4x4. Du sommet, tu constates la fragilité de la faune et de la flore qui t'entourent. Le grand lac éponyme est totalement asséché et le paysage à perte de vue a des allures de désert. Wilson te prévient: «On croise beaucoup d'animaux morts en cette saison.» Malgré sa beauté, Amboseli est un parc en danger: outre la sécheresse et la remontée du sel, il y a l'érosion des sols liée notamment aux déplacements des 4x4 (le hors-pistes leur est désormais interdit) et à celui des éléphants, malheureusement très destructeurs.

Un camp respectueux de l'éco-système
Vous quittez bientôt Amboseli pour rejoindre Selenkay Conservancy, une réserve gérée par Gamewatchers et la communauté massaï qui y vit et 'loue' ses terres à l'organisateur de safari. C'est au cœur de ce sanctuaire protégé que se dresse l'Amboseli Porini Camp où tu logeras les deux prochaines nuits. Encore deux heures de route, rocailleuse et poussiéreuse à souhait, avant d'y arriver. Avec son mètre nonante, Mason souffre du dos. Toi, tu remontes la capuche de ton sweat: le vent frais qui s'engouffre dans le 4x4 ouvert te transperce le crâne.

Couverts de poussière, vous atteignez le campement en fin de journée, fourbus mais chaleureusement accueillis par le personnel massaï, exclusivement masculin. De jeunes et beaux solides guerriers longilignes dans leur tenue traditionnelle - la shuka, sorte de couverture à carreaux à dominante rouge. Tony, le manager du camp, te fait visiter les neuf tentes, dispersées autour d'une grande tente mess; le personnel loge lui aussi dans des tentes, plus rudimentaires, situées juste derrière. Tu prends possession de ton logement: confortable lit double, tapis en peau de bête, salle de bain séparée avec WC, évier et douche... Que demander de plus?

Tony t'explique que l'empreinte carbone de chaque camp Porini est minimale: structures non permanentes, énergie solaire, gestion de l'eau, sensibilisation des visiteurs... Tout y contribue. L'aspect environnemental et sociétal ne sont pas des mots creux. Porini n'emploie que du personnel local et une partie des revenus issus du tourisme est reversée aux Masaï; Porini participe également à des projets d'éducation, d'aménagement, de soins de santé, etc. Aux commandes de Gamewatchers et des Porini Camps depuis 1989, et à la base de sa philosophie: Jake Grieves-Cook, une figure connue et reconnue comme l'une des plus influentes du pays en matière d'éco-tourisme. Jake a notamment été président de l'ESOK (Ecotourism Society of Kenya) et de la KTF (Kenya Tourism Federatio).

Le temps d'avaler ton repas -un nyama choma, accompagné d'un délicieux sukuma wiki (viande grillée et épinards braisés), servi avec un cabernet sud-africain- et d'écouter distraitement les récits de voyage des trois couples anglais qui logent au camp cette nuit-là, tu files te réfugier sous ta tente. Et après avoir lu une dizaine de pages du dernier Tom Robbins («Comme la grenouille sur son nénuphar», chez Gallmeister, que tu ne peux pas t'empêcher de chaudement recommander à tes lecteurs au passage -fin de la page pub), tu t'endors, empli des odeurs et des bruits de la nuit africaine.

Breakfast en brousse
«Hello Mr Fred...» Il est 6h00. Un Masaï te livre café, biscuits et un broc d'eau chaude pour ta toilette matinale. L'aube pointe, une famille de grands koudous batifole autour de ta tente. Le temps de te raser, tu rejoins ton spotter pour une balade à pied dans la brousse. Outre son long bâton qui lui sert tout à la fois de 'stick' de marche et d'arme défensive, Wilson a emporté avec lui ses jumelles et une impressionnante lance; il a chaussé ses '10.000 miles' -des sandales en caoutchouc fabriquées à partir de pneus.

La lumière est sublime: le soleil naissant illumine l'ocre de la terre et irradie la robe des premières girafes que tu croises. Wilson et toi évitez de parler pour ne pas effrayer les animaux que vous débusquez: gazelles de Thomson, dik-dik, impalas, phacochères, chacals, porc-épics... Après deux heures de marche, tu arrives à un point d'eau qu'un troupeau de zèbres méfiants s'apprête à investir. Tu remarques le 4x4 d'Emmanuel. Il t'attend avec deux autres Masaïs: «Do you want eggs and bacon?». Au sommet d'un arbre, sur un mirador face au point d'eau, ils t'ont dressé une table avec café, jus d'orange, toasts, confitures... Tu n'oublieras jamais ce petit déjeuner.

Le reste de la journée est ponctué de game drives dans la réserve et d'une visite dans le village massaï à proximité. Sur la quarantaine d'ethnies que compte le Kenya, ce peuple de pasteurs guerriers semi-nomades est sans doute le plus célèbre. Originaires de la vallée du Nil en Égypte et au Soudan, ils ont migré au fil des siècles; on les retrouve aujourd'hui au Kenya et en Tanzanie. Les Masaïs ont acquis le droit de faire pâturer leur bétail dans de nombreux parcs des deux pays. De toute manière, ils n'ont cure des frontières lorsqu'ils déplacent leurs troupeaux de vaches, chèvres ou moutons à travers la savane lors des changements de saison.

Le rouge est mis
Tu rejoins le village, escorté par quatre guerriers armés de bâtons et de massues à bout rond. Surprise: arrivés à destination, tes 'bodyguards' se mettent à pousser des cris, invitant tous les habitants -hommes, femmes et enfants- à se rassembler pour vous accueillir. Ils forment une haie d'honneur. Tu découvres alors enfin les élégantes dames masaïs. Elles sont comme qui dirait 'assignées à résidence': les femmes construisent les maisons, s'occupent de leur entretien et de toutes les tâches ménagères, pendant que les hommes veillent à la sécurité du campement et gèrent le bétail. Tu visites leurs petites huttes circulaires, construites à partir de branchages entrecroisés, recouverts de boue. Ce mélange sèche rapidement au soleil pour devenir aussi dur que du ciment. Ces maisons peuvent durer de quatre à cinq ans.

Le chef t'invite à l'intérieur de l'une d'elles. Immédiatement, tu suffoques: il y fait sombre et chaud, les murs sont bas de plafond, percés d'un unique trou permettant d'évacuer la fumée du feu servant à cuire les aliments; l'espace est limité -deux pièces en enfilade, une principale qui fait office de chambre pour l'homme et une plus petite pour la femme; des nattes à même le sol, pas de meubles. Tu leur demandes pourquoi l'homme et la femme ne font pas chambre commune. Le chef t'explique que c'est pour éviter les jalousies: le Masaï est polygame; chaque femme possède sa propre maison, disposant chacune d'une chambre pour leur mari. Pratique pour ces messieurs! Les maisons sont temporaires et détruites lorsque les Masaïs migrent avec leur troupeau. Elles sont généralement disposées en cercle, ceint par une clôture d'épineux. La nuit, les troupeaux sont regroupés au centre afin de les protéger des prédateurs.

Tu contemples longuement deux femmes occupées à créer ces immenses bracelets et colliers de perles, que l'on retrouve à leur cou, autour de leurs oreilles et de leurs lobes percés... Le chef te fait signe de le suivre. Les guerriers sont à nouveau rassemblés, cette fois pour exécuter leur fameuse danse, rythmée par le chant de tout le village: le but du jeu semble être de sauter le plus haut possible en gardant les pieds joints.

Les fiers Masaïs revendiquent leur indépendance et leur attachement viscéral à leur mode de vie. Gardiens des terres qu'ils investissent, ils se disent aussi les gardiens d'un bien précieux que leur dieu unique leur a confié: la vache. S'ils étaient une couleur, les Masaïs serait le rouge -rouge comme la terre kenyane, rouge comme le soleil, rouge comme le feu qui régénère les savanes au rythme des saisons, rouge comme le sang des vaches dont ils s'abreuvent...

Gin & Tonic au coucher du soleil
Tu retrouves ton 4x4. Emmanuel et Wilson t'emmènent voir le coucher de soleil face au Kilimandjaro. Le ciel est dégagé et tu peux enfin contempler le sommet du Kibo, tout en sirotant un Gin & Tonic. Las, tu constates que depuis ton ascension en 2003, la surface enneigée a diminué de moitié, au moins. La calotte glaciaire sommitale du Kili est en phase de retrait accéléré: on estime qu'elle devrait disparaître totalement d'ici 2020 à 2050. La baisse des précipitations neigeuses est souvent attribuée au réchauffement climatique, mais la déforestation est aussi en cause: malgré la création du parc national tanzanien du Kilimandjaro en 1973, la ceinture forestière qui entoure la montagne continue à se resserrer. «C'est très mauvais, te confie Emmanuel. La forêt joue un rôle essentiel dans la régulation bioclimatique de l'eau de toute la région, voire de tout le pays.»

Il fait nuit maintenant. Vous repartez. Installé sur le siège situé sur le capot avant de la Land, Wilson débusque les animaux à l'aide d'une puissante lampe torche. Ce soir-là, vous aurez la chance de suivre deux lions, deux mâles, pendant plusieurs kilomètres. Un spectacle magique!

Arrivée au Masaï-Mara
Après une escale farniente de deux jours au Mount Keyna Safari Club, tu rejoins le Masaï-Mara par les airs (une petite heure de vol). Prolongement naturel du Serengeti, de l'autre côté de la frontière avec la Tanzanie, le Masaï-Mara est le fleuron des parcs animaliers du pays. Sur 1.200 km², à une altitude moyenne de 1.600 mètres, il présente un relief de plaines et de collines qui ondulent mollement, à perte de vue. Tu atterris à Siana, l'un des huit airstrips que compte le parc, in the middle of nowhere. À nouveau, tes guides et ton 4x4 t'attendent. Ouf. Les deux Hollandais qui ont débarqué avec toi n'ont pas cette chance. Ils paniquent: personne ne les attend pour le coup. Leur camp est très éloigné du nôtre, mais tes guides sont prêts à les y conduire, pour autant que tu sois d'accord. «Of course», réponds-tu. Mais ce ne sera pas nécessaire. Leur jeep arrive trois minutes plus tard. Les Hollandais sont rassurés.

Le camp Porini est à 15 kilomètres un peu plus à l'ouest. Soit une demi-heure de route pour rejoindre l'Ol Kinyei Conservancy où sont installées ses six tentes. Le campement est situé au bord d'un petit cours d'eau, le Laetoli, qui accueille quantité de zèbres. Tu décides d'explorer le coin seul à pied (tes guides te l'autorisent) mais très vite, tu rebrousses chemin, peu rassuré par la présence d'un éléphant que tu aperçois au détour d'une petite colline. Prudent, tu décides d'accompagner deux Indiens, le père et le fils, pour un short game drive dans la réserve. Mauvaise idée: tes compagnons de route se chamaillent sans arrêt la possession de leur appareil numérique. Tes guides rigolent doucement sous leur shuka.

La nuit, sous le coup de 4h du matin, tu es réveillé par des bruits sourds et inquiétants. Prudemment, tu ouvres le zip de ta tente et découvres quatre buffles en train de gratter la terre. Tu hésites: ils ont l'air paisible, mais tu sais que la bestiole est sans doute la plus dangereuse des 'Big Five' (lion, léopard, éléphant, rhinocéros pour les quatre autres)... Vas-tu utiliser le petit sifflet qui équipe chaque tente, pour alerter les guerriers Masaïs? Soucieux de préserver ton image d'aventurier, tu décides de t'abstenir et de te recoucher. Tu seras néanmoins réveillé deux heures plus tard, par des babouins cette fois, qui s'amusent dans les branches de l'arbre juste au-dessus de ta tente. Qu'importe, tu dois te lever: le petit-déjeuner est servi dans une demi-heure. Ce matin, le ciel est lourd de nuages. Tu enfiles une laine polaire. Il fait frais, presque froid. Il pleut et il a plu une bonne partie de la nuit. Dans le camp, hommes et animaux, tout le monde est heureux: en ces temps de sécheresse, la pluie est célébrée partout comme un don des dieux.

Embouteillages en tous genres
Au programme de cette journée qui s'annonce longue et passionnante: la visite du parc du Masaï-Mara. Après une heure de route chaotique, vous pénétrez par la Sekenani Gate, où, le temps de régler les formalités administratives, tu te fais agresser par des vendeuses de sarongs et autres babioles en tous genres. Tu les écartes poliment mais fermement. C'est ton premier contact avec la réalité touristique du parc. Très vite, tu découvres que les 4x4 y sont nettement plus nombreux qu'à Amboseli. Logique te dira-t-on: le Masaï-Mara est trois fois plus grand. Pour autant, les Land Rover, Toyota Cruiser et autres mini-bus Nissan se retrouvent vite en file indienne et la piste prend alors des airs de rue Belliard un jour de rentrée de classes. Et lorsqu'un troupeau de lions ou des guépards est aperçu quelque part, tous les chauffeurs qui communiquent entre eux, se précipitent comme un seul homme vers le 'spot' en question. Ton guide voit ton regard des mauvais jours. Il décide de changer d'itinéraire et de suivre des pistes moins fréquentées: «Allons voir ailleurs ce que la nature nous réserve», philosophe-t-il. Dieu le bénisse!

Au Masaï-Mara, les animaux sauvages possèdent leurs territoires et s'y répartissent de façon très précise. Si des zèbres paissent tranquillement à quelques dizaines de mètres d'un guépard, c'est que les distances sont respectées. On peut passer de grandes étendues vides à d'autres très fréquentées. Les lisières des zones boisées et de la savane sont peuplées de girafes dégingandées; les grandes plaines centrales sont le royaume des zèbres, gnous, gazelles, phacochères, autruches et antilopes. Et aussi des groupes d'éléphants, migrant d'une zone boisée à l'autre.

Il est encore tôt. Les grands félins rentrent de la chasse. À quelques mètres de la piste, tu aperçois un troupeau de lions dévorant un gnou... Les petits ont un appétit féroce. Plus loin, des vautours, des marabouts et des hyènes qui s'acharnent sur les restes d'une antilope, laissent présager de la récente présence d'un ou plusieurs prédateurs. Bingo! Quelques mètres plus loin, vous débusquez trois guépards. Étendus sur une petite colline, le ventre plein, ils digèrent tranquillement leur repas, se laissant prendre en photo, telles des starlettes sur la Croisette. Mais le clou de la matinée restera cette femelle léopard, aperçue le long d'un petit canyon... Vous parvenez à la suivre sur quelques mètres, avant qu'elle ne se réfugie dans un arbre. Tu actionnes ton zoom Sigma, la mitraille et finis par découvrir à ses côté la dépouille d'un zèbre, qui pendouille le long d'une arbre à cinq mètres du sol, comme une chemise à sécher sur un fil!

La rivière Mara
On repère les cours d'eau à la verdure qui les borde. Tes guides te proposent de prendre le lunch au bord de la rivière Mara, espérant croiser la migration, qui à elle seule justifie la visite du parc. Entre juillet et octobre, plus d'un million de gnous, escortés de centaines de milliers de gazelles et de zèbres, transhument du Serengeti au Mara: une folle ruée vers de nouvelles pâtures. Et quand l'herbe du Mara aura été bien tondue, tout ce joyeux petit monde repartira vers le Sud, pour la saison des pluies. Le gros des troupeaux est déjà passé. «Ce sont les derniers retardataires», confirme ton guide. Pour autant, gnous et zèbres paissent par centaines, partout autour de toi, mais ils sont trop éloignés les uns des autres pour espérer les voir traverser la rivière...En effet, leur instinct grégaire ne les incite à traverser la rivière qu'une fois réunis en grand nombre, pour se protéger. Dommage! Peu importe, le spectacle continue.

Vous installez votre bivouac comme prévu au bord de la rivière, où, quelques mètres plus bas, quelques familles hippopotames anticipent l'heure de la sieste. Tu les observes pendant que tes guides massaïs préparent le repas. Soudain, une femelle souffle bruyamment des naseaux et le troupeau s'ébranle... À quelques mètres de là, un crocodile doit faire son deuil d'un bébé hippo, rapidement rentré dans le rang sous la protection de sa mère.

L'exploration de la faune et de la flore se poursuivra le reste de la journée dans le parc, et le jour suivant dans la réserve Porini, ponctuée en nocturne d'un BBQ hallucinant en pleine brousse et d'un dernier game drive. Cette nuit-là, sous la lampe torche, nous surprendrons deux lionnes en chasse avec leurs sept petits, observant des girafes. Ta dernière chance de voir enfin une scène de chasse 'live'. Mais aucune ne se risquera à les attaquer: les lionnes savent que le coup de sabot d'une girafe est d'une précision mortelle. Dans la brousse, tout prédateur finit par trouver son maître.

Auteur:
Frédéric Bouchar
Partager:

Commentaires

Vous devez être connecté pour poster des commentaires.
N° 169 Mai 2012

Restez informé!

Inscrivez-vous maintenant pour recevoir gratuitement notre newsletter.

Destinations

  • Europe
  • Afrique
  • Amérique du Nord
  • Amérique du Sud
  • Arctique/Antarctique
  • Asie
  • Océanie

Agenda

  • Expositions
  • Événements

Actualités

  • Belgique
  • International
  • Focus
  • Hôtels
  • Livres & Loisirs
  • Nature & Environnement
  • Shopping
  • Taste
  • Wellness & Beauty

Hôtels

Concours

Magazine

  • Dernière édition
  • Abonnements
  • Contact
  • Publicité

Restez connecté

  • Abonnez-vous à notre newsletter
  • Abonnez-vous à nos flux RSS
  • Rejoignez-nous sur Facebook
  • Suivez-nous sur Twitter
Voyages Voyages CIM

© 2012 Dupedi S.A./N.V. – Conditions d'utilisation – Vie privée — Developed by eSpecific