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16
Fév
2009

Rébus Maya

L'écriture maya avait ceci de particulier qu'elle ne possédait pas d'alphabet. Périple en pays maya, des ruines mystérieuses de Palenque à l'ancienne capitale des Chiapas, San Cristóbal de las Casas.

André Breton disait du Mexique qu'il était «le seul pays au monde instinctivement surréaliste»; Carlos Fuentes le qualifiait de «mélange bien dosé de Quetzalcoatl et de Pepsicoatl avec quelques gouttes de tequila en plus». À ces citations littéraires, pour nous pousser un peu plus dans les bras de la Fédération des États mexicains et ses 100 millions de Sang-mêlés, nous pourrions en ajouter d'autres plus psychédéliques et alcoolisées encore, de Castenada et de Malcolm Lowry. Et colorer le tout d'une toile de Frida Kalho, 'Viva la Vida' par exemple. Personnellement, j'embarquai pour le Mexique aux côtés de Kate, l'héroïne irlandaise de DH Lawrence qui renonce à son pays, à sa civilisation, à ses valeurs, pour se fondre dans le culte du Serpent à plumes, et de Carla, son alter ego contemporaine et américaine, personnage central du roman graphique La Perdita, de Jessica Abel; partant de Mexico, capitale mondiale de tous les excès, pour un périple de plus de 3.000 kilomètres en voiture, de la côte Pacifique aux plages d'Isla Holbox dans le Yucatan, à travers les Chiapas, sur la trace des Mayas. Zoom sur Palenque, la cité antique du roi Pascal Le Grand, et San Cristóbal de las Casas, capitale des altermondialistes zapatistes.
«Tout était en suspens, tout était calme, en silence; tout était immobile, tout vibrait, et vide était l'étendue du ciel.» Assis face au Temple des Inscriptions, le plus élevé et le plus grandiose des édifices de Palenque, je me souviens de l'entame du Popol Vuh -la bible maya- entonnée quelques jours plus tôt par de jeunes acteurs indiens à moitié nus, lors d'une  représentation de poca madre haute en couleur au théâtre de San Cristóbal de las Casas. La pièce décrit comment les dieux décidèrent de créer le Monde et de le peupler de créatures, afin d'être adorés. Leur vanité ne cessa qu'après moult essais laborieux et infructueux, qui virent les divinités façonner l'homme avec de la glaise puis avec du bois, pour enfin y parvenir à l'aide de maïs (maya)... Inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO, Palenque est située dans la Sierra de Don Juan, au pied des montagnes du Chiapas, zone de transition entre les Altos et l'immense plaine qui se prolonge jusqu'à la mer. Après la fraîcheur de San Cristóbal, la chaleur lourde et humide de Palenque surprend. Le site s'étend sur 20 km². Cette cité a été l'un des centres cérémoniels les plus importants du premier empire maya. La région a été occupée depuis l'an 100 après J-C, mais la ville, selon l'histoire notée sur les Inscriptions du Temple, date de la fin du IVe siècle. Elle fut mise à sac vers 730 par sa rivale voisine, Tonina, une cité guerrière, dont les impressionnants vestiges, situés dans la vallée d'Ocosingo sur la route qui relie Palenque à San Cristóbal, valent également le détour. La pureté du style architectural de Palenque et son emplacement, encerclée par une exubérante forêt tropicale, en font une étape incontournable pour tous les voyageurs. Et pour cause, c'est l'une des cités mayas les mieux conservées et, sans aucun doute, la plus romantique. Certes, Palenque est beaucoup moins impressionnante que Chichén Itza. Pour autant, il émane de sa visite une impression d'aventure presque mystique, en phase avec la mystérieuse disparition de la civilisation maya.

Cosmic Slop
Accroché sur une base pyramidale à neuf étages, le Temple des Inscriptions reproduit les trois niveaux cosmiques: le Ciel, la Terre et le monde inférieur. Curieusement, les lieux me rappellent le fameux vers d'Eluard... Vert chlorophylle à mes pieds, la végétation qui engloutit littéralement cette cité abandonnée, et bleu monochrome au-dessus, ciselé par un disque solaire omniprésent, qui irradie la jungle tout autour, quelques heures seulement après son lever. Dans le monde inférieur, les autocars n'ont pas encore déversé les centaines de visiteurs qui ne tarderont pas à envahir les vestiges de la cité maya. Les vendeurs commencent à dérouler leurs tapis, à y installer bijoux de jade, statuettes et fragments de bas-reliefs à la gloire des dieux et des grands seigneurs mayas, comme K'inich Janaab' Pakal ou son épouse, la princesse Oktán. À quelques centaines de mètres, une pluie de cris sinistres perfore le sol et vrille les tympans. Haut perchés dans les arbres, presque invisibles, des singes hurleurs s'instaurent en gardiens de cette civilisation qui s'est longtemps refusée à nous. Jusqu'au début du XIXe siècle, on pensait que les silhouettes des sculptures et des bas-reliefs de Palenque représentaient des Égyptiens, des descendants de l'Atlantide, voire les 10 tribus perdues d'Israël... Autant de mystères qui, aujourd'hui encore, font la légende des Mayas. Longtemps avant la découverte de l'Amérique, les Mayas atteignirent un niveau intellectuel et artistique des plus remarquables... On les a parfois comparés aux Grecs de l'époque classique. En l'espace de 1.500 ans, les Mayas élaborèrent l'une des civilisations les plus raffinées du continent. Ils formaient à leur âge d'or un immense bloc ethnique, s'étendant du Honduras au sud du Mexique. Pour autant, les conquistadores passèrent à proximité des plus grands centres mayas sans même en soupçonner l'existence. Tout juste si leurs chroniqueurs mentionnent ici et là des tribus gouvernées par des roitelets sans importance politique et faciles à neutraliser. Rien de comparable aux puissants Mexica, aux fastes de leur capitale Tenochtitlán: l'empire aztèque était alors à son apogée et la civilisation maya en pleine décadence, ses grandes cités abandonnées depuis plus d'un demi-millénaire. La cause du dépeuplement quasi total de leurs puissantes cités à l'aube du IXe siècle reste mal connue.
De nombreuses hypothèses ont été avancées: guerres, désastres écologiques, catastrophes naturelles et même la peur, tout simplement. J'aime assez cette thèse fantasmatique -donc éminemment intéressante pour le voyageur imprégné des aventures de Tintin ou d'Indiana Jones. Elle se fonde sur la religion maya elle-même, prépondérante dans les cités dont la naissance va de pair avec la construction de grands centres cérémoniels comme Palenque. Pour les Mayas, arts et sciences étaient toujours intimement liés à la religion. Or, celle-ci se basait sur des observations astronomiques desquelles naquirent deux calendriers complexes (dont on trouve une impressionnante représentation au musée d'Anthropologie de Mexico sous forme d'un disque de 24 tonnes et de 3,5 m de diamètre), qui organisaient toute la vie de la cité et marquaient profondément leur cosmogonie. Les Mayas distinguaient 5 cycles dans l'histoire de l'Univers, se terminant tous par la destruction du monde précédent; celui correspondant à l'Humanité était le quatrième, et le calcul basé sur le croisement des deux calendriers indique que cette période devait s'achever au... IXe siècle. Les prêtres ayant prédit l'approche imminente de l'apocalypse, ce peuple fervent aurait soudain été pris de panique et se serait enfui.

Subcomandante Insurgente Marcos
On estime aujourd'hui à 6 millions le nombre de Mayas vivant en Amérique centrale (Belize, Guatemala, Honduras et Salvador) et au Mexique, dans les États du Yucatán, Campeche, Quintana Roo, Tabasco et Chiapas. Cet État est le plus pauvre du Mexique, alors qu'il est le plus grand producteur de café du pays et l'un des plus importants pour le maïs et l'élevage, sans compter ses gigantesques ressources d'hydrocarbures. Cette contradiction s'explique en partie par l'exploitation dont sont victimes les Indiens -pour la plupart des descendants des Mayas- qui constituent près du tiers de sa population (3,6 millions) et la principale main-d'oeuvre de l'État. Les chiffres sont édifiants: plus de 80% des communautés indigènes n'ont ni eau potable ni électricité (alors que l'État produit 30% de l'énergie électrique du pays). Le Chiapasoccupe la première place en terme de mortalité infantile; le tiers des enfants ne sont pas scolarisés. La criminalité y croît sans cesse, les groupes paramilitaires y sévissent en toute impunité et l'armée est omniprésente. Pas étonnant que le Chiapas soit le berceau des révolutionnaires zapatistes. Symbolisés par l'emblématique sous-commandant Marcos, ces guérilleros altermondialistes encagoulés (et le plus souvent pacifiques) se revendiquent du révolutionnaire Emiliano Zapata: ils militent pour le droit à la terre, à la santé, à l'éducation, au travail et à la justice, tout autant que pour la reconnaissance de leur identité culturelle. À l'entrée de nombreux villages chiapanèques, il n'est pas rare de tomber sur des panneaux revendiquant tout à la fois l'allégeance de leurs populations à l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) et leur refus de l'autorité centrale de Mexico. Mais ces manifestations d'indépendance sont aussi liées à l'organisation sociale traditionnelle complexe des Mayas qui ont toujours affirmé la primauté de leur communauté sur l'État républicain ou sur l'Église catholique, privée ici de son rôle habituel d'acculturation et d'intégration.

Une ville cosmopolite
L'image de région 'insurgée' qu'en donnent parfois les médias peut décourager les voyageurs à s'aventurer dans les Chiapas en dehors des circuits balisés. Pourtant, moyennant quelques précautions basiques (comme éviter de s'aventurer de nuit sur le routes), la traversée de cet État est sans danger et, surtout, mémorable. Sa culture indigène, ses paysages montagneux à la végétation luxuriante, ses ruines archéologiques et le charme colonial de ses villes en font l'une des régions les plus mystérieuses et les plus merveilleuses à visiter du Mexique. Parmi les plus belles villes des Chiapas, l'ancienne capitale San Cristóbal de las Casas est située à quelque 200 km au sud-ouest de Palenque. Soit 7h de routes de montagne sinueuses, ponctuées d'innombrables topes -ces monstrueux dos-d'âne que l'on retrouve un peu partout sur les routes-, cauchemars des automobilistes gringos car rarement signalés (lesquels me vaudront d'ailleurs d'exploser la calandre avant de notre courageuse petite Nissan de location). Peuplée de moins de 150.000 habitants et nichée à plus de 2.000 mètres d'altitude, cette délicieuse petite ville colorée, aux styles baroque et indien mélangés, perpétue à la fois le souvenir du colonialisme espagnol et l'héritage culturel des ethnies tzotziles, tzeltales et lacandones qui peuplent les alentours. Le zocalo (place principale) de San Cristóbal est le point de rencontre de milliers d'histoires. Baignées par la lumière diaphane des hauts plateaux, les ruelles étroites sont flanquées d'une foultitude de maisons colorées, avec leur toit de tuiles rouges et leurs fenêtres grillagées en fer forgé,  renfermant de splendides cours intérieures qui abritent ci et là de véritables petits jardins tropicaux. San Cristóbal se découvre à pied.
Après avoir récupéré de la route dans nos chambres de l'Hôtel Casavieja, nous partons à la découverte du Grand Marché.  C'est là que descendent des villages voisins les populations indiennes, pour y vendre fruits et légumes, céramiques, textiles divers, tandis que les touristes s'affairent dans le centre historique autour de souvenirs à l'effigie de Marcos ou de bijoux en ambre des Chiapas. Le soir, la ville offre un visage résolument cosmopolite: autour de la cathédrale sur la Plaza 31 De Marzo, cireurs de chaussures, vendeurs de journaux et ambulantes (marchands ambulants) se mélangent aux Mexicains bohèmes, routards de tous pays, membres d'ONG et sympathisants zapatistes qui se donnent rendez-vous dans d'élégants restaurants pour y goûter l'étrange mole negro, du poulet cuit dans une sauce presque noire, aux piments, noix, épices et chocolat. Pendant ce temps, des pèlerins gravissent les centaines de marches de l'église de San Cristóbal, en l'honneur du saint éponyme, patron des chauffeurs, que l'on fête chaque année le 25 juillet à la lueur des torches et au son de pétards tonitruants. La nuit se prolongera fort tard dans des bars branchés, comme El Circo ou Revolucion, autour d'une bouteille de mezcal en la mémoire
de Malcom Lowry et de son Ultramarine. Et je me souviens de l'une des ultimes chansons de mon ami Jeff Bodart: «Tu vois bien que la terre ferme. Tu vois qu'elle arrive à son terme. Tu ne la reverras peut-être plus jamais. D'ailleurs, elle disparaît... Destination ultramarine, c'est ton destin qui se dessine.» Celui des Mayas, passés et présents, restera longtemps dans nos mémoires.

Guide pratique

Y aller
Seules Mexico et Cancun accueillent des vols direct en provenance de l'Europe. Au départ de Bruxelles, American, United et Delta Airlines, ainsi qu'Aeromexico proposent des vols réguliers (la plupart avec escale). De même qu'Iberia, BA et Air France, durant l'été le plus souvent. Les prix varient entre 800 et 1.000€. Pour voyager sur place, outre les locations de voiture (certaines compagnies exigent le permis international), les bus sont très prisés. Le pays possède un réseau de lignes de bus très dense et les principales villes sont desservies. Choisissez les Deluxe ou les classes Primera pour voyager plus confortablement (les distances sont longues). Comptez environ $5/heure de trajet (70 km). Aeromexico et Mexicana sont les principales compagnies aériennes nationales. Les vols intérieurs sont relativement chers (ex. de $150 à $180 l'aller simple Mexico-Cancun). Le principal aéroport dans les Chiapas est situé dans la capitale, Tuxtla Gutiérrez. De là, le trajet en bus vers San Cristóbal de las Casas et Palenque dure, respectivement, 2 et 7h.

Où dormir
À San Cristóbal de Las Casas
• Hôtel Casavieja. À moins de dix minutes à pied du Zocale, une magnifique habitation du XVIIIe siècle, classée Monument historique. Son architecture coloniale avec ses vastes corridors aux dalles anciennes et ses balustrades en bois d'où l'on aperçoit les montagnes alentour, en font l'un des hôtels de charme les plus courus de la ville. Les chambres qui donnent sur le joli jardin intérieur sont les plus lumineuses. Petit déjeuner copieux (mais restauration assez quelconque par rapport aux nombreux excellentes adresses dont la ville fourmille). Connexions Internet. Un endroit très accueillant, très calme, en dehors des sentiers battus. Nuit en chambre double/haute saison: à partir de 70 €. www.casavieja.com.mx
• Parador San Juan de Dios. Plus décentré, cet hôtel propose d'immenses suites, meublées d'antiquités et de pièces d'artisanat
de très bon goût. Il occupe l'ancien Rancho Harvard, datant du XVIIe siècle et est entouré de vastes jardins. Son restaurant haut de gamme propose une cuisine des Chiapas inventive et savoureuse. Suite double/haute saison: à partir de 200€/nuit. www.sanjuandios.com

Á Palenque
Évitez le centre-ville et recherchez plutôt les resorts situés à proximité des ruines, à El Panchan, en pleine jungle.
• Chan-Kah Resort Village. Un complexe de petites maisons en bois et en pierre, espacées les unes des autres, bien équipées. L'attrait du lieu réside dans l'immense piscine de 70 m, entourée de luxuriants jardins. Bon restaurant en plein air. Prix de la suite double/haute saison, à partir de 180 €/nuit. www.chan-kah.com.mx
• Nututun Palenque Hotel. L'hôtel propose des chambres spacieuses et confortables, encerclées de vastes jardins tropicaux. Outre la piscine, l'endroit vaut également pour le Rio Chacamax qui traverse la propriété et dans lequel on peut se baigner sans danger. Nuit en chambre double /haute saison, à partir de 70€. www.nututun.com
• Pour passer la soirée à Palenque: Don Mucho C'est le resto branché du coin! En pleine jungle. Ambiance festive, jeune et familiale à la fois. Concerts chaque soir ou presque. Carte variée, comprenant entre autres des pâtes fraîches et des pizzas maison savoureuses, en plus des spécialités locales. L'endroit affiche complet tous les soirs. Réservation indispensable: tél. +52/916.341.48.46.

Dans les environs
De San Cristóbal de Las Casas
La région est entourée de villages mayas dont les plus touristiques sont San Juan Chamula et Zincantan. De nombreuses agences proposent des excursions de 4 ou 5h. Rafting, kayak, trekking, VTT, nuits en écogîtes dans les canyons environnants et autres circuits organisés (jungle, ruines mayas...). Une bonne adresse (sérieuse): Explora (www.ecochiapas.com)

De Palenque
• Les chutes d'eau de Misol-Ha et Agua Azul, à respectivement 20 et 70 km. Si le site d'Agua Azul est plus spectaculaire et plus étendu avec ces suites de cascades qui se déversent dans des vasques successives et ses eaux d'un bleu turquoise lumineux, l'afflux de touristes, de restos et de boutiques souvenirs ont complètement dénaturé l'endroit. En revanche, Misol-Ha constitue une halte roborative et rafraîchissante, avec sa chute d'eau de 30 mètres de haut qui tombe dans un vaste bassin où vous pourrez vous baigner en toute sécurité. Derrière la chute, pour ceux qui veulent revivre la scène de 'Tintin et le Temple du Soleil', on trouve une grotte profonde que l'on peut visiter.
• Les ruines de Tonina, dans les environs d'Ocosingo, à 110 km. Site très original dans un superbe environnement. Il se présente sous forme d'une gigantesque pyramide adossée à une colline, soit une ville verticale de 80 mètres de haut, le tout niché à 1.000 mètres d'altitude, avec une vue exceptionnelle sur les montagnes environnantes.
• Bonampak et Yaxchilan, à environ 200 km. Deux anciennes cités mayas perdues en pleine jungle lacandone à la frontière avec le Guatemala. Parfum d'aventure garanti. Yaxchilan surtout: ces ruines ne sont accessibles que par lanchas (pirogues à moteur) qui circulent sur le fleuve Usumacinta, où il n'est pas rare d'apercevoir de gros crocodiles. Attention toutefois, la région est 'réputée' dangereuse: le trafic de drogue et le passage d'immigrés sont choses courantes dans cette région frontalière. Évitez de rouler de nuit sur les routes avoisinantes.

Auteur:
Frédéric Bouchar
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N° 169 Mai 2012

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